La vie jusqu'au bout

tous publics

1h

« La vie jusqu'au bout » est une commande de « Alliance », association qui accompagne les personnes en fin de vie.

Afin d'être au plus près de la réalité, Anne Sorbadère, auteure et metteur en scène, est allée interroger les bénévoles de l’association. Ils ont alors parlé de leur quotidien et lors de réunions de « debriefing », elle a noté leurs doutes, leurs interrogations, leurs joies...

Le spectacle
Ces récits ont imprimé la substance du spectacle puis ont été associés à la parole de ceux qui ont vécu et écrit au jour le jour la fin de leur vie.

Deux musiciens (piano, clarinette, Contrebasse), une danseuse et une chanteuse - raconteuse de textes tressent un canevas délicat où la réalité abrupte et implacable côtoie la poésie, l'humour et parfois le grotesque.
La vie et la mort se déclament en musique, les mots se dansent, la danse exprime l'empêchement au mouvement ou la sublimation de ce mouvement, dans ce qu'il a parfois de plus petit ou de rêvé.
Et l'on comprend finalement que le rendez vous avec la mort est en fait un rendez vous avec la vie.

Trois textes s'entrecroisent dans ce spectacle : « je ne suis pas sortie de ma nuit » d' Annie Ernaux, « Le scaphandre et le papillon de Jean Dominique Bauby et « Derniers fragments d'un long voyage » de Christiane Singer.

Résidences de création :
La création de ce spectacle s'est aussi enrichi de résidences en milieu scolaire, notamment parmi des collégiens.
« Nous sommes habitués à faire une semaine de résidence à l'intérieur d'un établissement scolaire. Pour ce spectacle, nous étions plus perplexes. Comment allaient réagir les jeunes face à de tels sujets ?
Leur réaction nous a étonnés. Non seulement ils étaient extrêmement attentifs à tout ce qui se disait, mais en plus, ils posaient de nombreuses questions.
C'est là que nous avons réalisé que le thème de la mort reste toujours tabou dans les messages que la société transmet aux jeunes. Or c'est un sujet qui les interroge fortement car il est constitutif de leur construction. » Anne Sorbadère, auteure du spectacle

Et autour du Spectacle :
Des ateliers :
Des ateliers autour du mouvement peuvent venir étayer la proposition du spectacle. Ces ateliers organisés avant ou après le spectacle, peuvent s'adresser autant à un public bien portant qu'à un public porteur de handicap ou à un public senior.
Il sera possible pour ceux dont le mouvement est difficile d'être accompagnés, comme ce sera aussi l'occasion, pour les autres, d'expérimenter le mouvement empêché.
Les séances seront accompagnées de musiques improvisées par un ou plusieurs musiciens du spectacle.

Des moments de discussion :
Le spectacle abordent des problématiques souvent tabous dans notre société : la maladie, le handicap, la fin de vie, la mort... Le regard délicat posé sur ces sujets, permet un échange apaisé. Avant ou après le spectacle, des discussions peuvent être organisées autour de ces sujets, avec la présence d'associations concernées par ces thématiques, et avec le public, notamment le public jeune.

Anne Sorbadère : écriture, réalisation et mise en scène
Lucien Hébrant : Mise en scène et direction d'acteur
Olivier Pouquet : son et lumière

Emilie Gerbaud : danse
Anne Sorbadère : textes et chant
Steven Hébrant : clarinette et contrebasse
Michel Queuille : Piano, accordéon
David Morazin : voix off

La Presse en parle...

Est ce qu'il faut mettre tout ?

La vie jusqu’au bout ?
Samedi 8 octobre en soirée, salle Francis Planté, quatre artistes sur la scène pour évoquer l’intime et la fin de vie.
Ils vont tenter de faire passer ce message que la vie vaut la peine, jusqu’au bout, jusqu’en ses moments douloureux, pénibles ou dramatiques.
(...)
Anne comme une conteuse se déplace d’un espace à l’autre de la scène ; le déplacement introduit le changement de personnage ; elle déclame à voix haute des extraits de chacun de ces récits. Elle est le porte-voix de ceux-là qui n’en ont plus ; par-là elle maintient vivantes ces histoires qui restent des histoires d’espoir.
Emilie danse. Elle « gestue » dans son corps tout autant le scaphandre, engoncée dans un costume gris, que le papillon qui sort de la chrysalide, quitte le costume dans la scène, et retrouve la liberté de mouvement, de pensée en fait. Elle est la « geste » du récit de Christiane Singer ou d’Annie Ernaux en montrant combien le corps est tout autant capable de s’effondrer sur la scène que de renaître vigoureux et endiablé…
Steven et Michel à la musique pratiquent cette complexité et cette multiplicité des choses au sein d’une même vie en mêlant aussi bien les instruments que les sons : chacun joue alternativement de deux instruments, le piano et l’accordéon pour Michel, ; la clarinette et la contrebasse pour Steven. Ils s’interpellent, se répondent se prolongent, s’harmonisent… La musique est la marque du temps de cet espace qu’est la danse. Le temps et l’espace s’emmêlent, se distinguent, résonnent en écho l’un de l’autre. La musique, tout comme les pensées, part de la terre et s’envole v »ers le ciel, vers l’infini.
L’ensemble est sobre, riche et puissant.
Durant une heure et demi, ces artistes vont offrir de la beauté sur scène, donner de la vie à la vie, de l’espérance en fait.
Le spectacle est un spectacle touchant certes, mais sans pathos, ni sensiblerie. Il interpelle, il émeut sans faire pleurer.
Il s’approche de la poésie intime et profonde que suscite parfois les épreuves de la vie ou ses derniers moments.
Il raconte que jusqu’au bout, jusqu’au bout de la vie, jusqu’au bout du spectacle quelque chose vaut la peine d’être vécu, présenté, partagé.
Ce fut un moment de très grande qualité. C’était pro, c’était vrai.
Le public a applaudi avec enthousiasme, avec ferveur.
Henry Mialocq, psychanaliste pour la revue Alliance

Jean Marc Terrasse, ancien critique de théâtre au journal Libération
S’attaquer  au "Scaphandre et le papillon", ce texte incroyable d’un homme atteint du locked-in-syndrome, après le film que Julian Schnabel en avait tiré, c’était osé !  
Anne Sorbadère a réussi son pari : parler de la  mort sans pathos mais avec émotion, avec humour mais sans pesanteur.
Sa composition théâtrale émouvante, drôle et vive fait aussi entendre les voix de Christiane Singer et Annie Ernaux,  deux écrivaines confrontées à leur propre mort ou à celle d’un très proche.  Et les battements de paupière de Jean-Dominique Bauby qui ont permis à ce texte d’exister ont ici toute la grâce du papillon.

Et le Public...

Isabelle
La vie jusqu'au bout ! magnifique pièce de théâtre au sujet emprunt de gravité !
La fascination, visuelle, la grâce et l'élégance d'Emilie Gerbaud opère comme un charme, tantôt associée aux notes musicales, envoûtantes, mélodieuses, drôles parfois tristes. Puis, Les textes et le jeu de scène qui m'ont transportés, morceaux choisis et interprétés par Anne Sorbadère, me renvoyaient à des images vécues, ou pas ; fascinants car toujours avec ce soupçon d'espoir, cette note d'humour face à tant d'ironie...
 J'ai été subjuguée par ces tranches de « fin » de vie racontées !
Je suis sortie enchantée par cette pièce, son jeu et sa mise en scène , légère comme une plume, la pièce avait rempli son office de ravissement et d'enchantement.
Un pur moment de bonheur !

Titouan
« J'ai bien aimé cette pièce, parce que c'était un petit peu triste. Tu te rends compte que ça ne sert à rien de pleurer pour si peu. J'ai bien aimé la danseuse car elle dansait à merveille. Les musiciens faisaient un jeu de scène, c'était drôle. J'ai bien aimé l'histoire de Monsieur Bauby. Anne jouait super bien elle donnait l'expression. »

Annie
"Une pièce dans laquelle on se projette, dans laquelle on se met à la place du malade, ou des proches, un thème lourd au premier abord mais teinté d'humour grâce aux trois arts présents sur scène.
Un spectacle qui émeut et qui fait rire en même temps."